Thierry Parienty : « En saison régulière, on aurait pu mieux faire ! »

Le président des Boxers de Bordeaux, Thierry Parienty, dresse un premier bilan de la saison qui vient à peine de s’achever. Il jette aussi un regard avec nous sur l’avenir immédiat et trace des perspectives pour un club qui reste ambitieux.

La saison vient de se terminer au niveau des quarts de finale sur un 0-4 face à Angers, l’un des tenors du championnat. Que vous inspire cette fin de saison ?

« C’est une fin de saison un peu rude, un peu sèche, mais quand on regarde notre saison dans sa globalité, elle est logique. On a gagné 20 matchs sur 40 en championnat, dont 10 sur les 20 disputés à la maison, on a marqué autant de buts qu’on en a concédés. On est donc dans la moyenne partout. Je retiens qu’on s’est battus avec de très belles valeurs, il faut le rendre à l’équipe. On n’a pas bénéficié de ce facteur X, je ne parle pas de chance, qui aurait pu nous faire basculer. Et en face, on a eu une belle équipe d’Angers et un très bon Flo Hardy qui les a maintenus au-dessus de la ligne de flottaison, car sans ça, je pense que ça aurait pu être beaucoup plus compliqué, beaucoup plus serré »

Oui, car sur le plan des résultats, il n’y a pas grand-chose qui a séparé les deux équipes malgré ce 4-0…

« Tout à fait. Je suis fier de l’équipe parce qu’elle a franchi un palier en playoffs, qui ne se voit pas dans le 4-0, mais qui sur la forme en tout cas m’a plu. J’espère que ça a plu au public. Sur la saison régulière, je pense qu’on aurait pu mieux faire et avoir plus de résultats positifs et notamment à la maison ».

Depuis 4 saisons, la moyenne de points par match des Boxers de Bordeaux, hors pénalité, a régressé chaque année. Peut-on dire, en quelque sorte, que le niveau de l’équipe a baissé un peu chaque année ?

« On termine 6ème de la saison régulière comme les deux années précédentes. Avec l’encadrement financier de la Fédération, une masse salariale qui pour rentrer dans notre budget était un peu en deçà des années précédentes, et au vu de nos résultats et du changement de manière de fonctionner avec un coach qui prend ses marques, nous avons réussi à faire une saison correcte malgré des périodes difficiles ».

Avec une moyenne de 2.400 spectateurs à Mériadeck la fréquentation est en baisse. Comment l’expliquer ?

« Les résultats sportifs entrent en jeu. On le voit bien dans d’autres sports à Bordeaux. Pour ce qui nous concerne il y a les défaites à domicile 1 fois sur 2. Et puis je pense qu’il faut qu’on se renouvelle dans certains domaines ».

Même s’il est trop tôt pour parler composition de l’effectif, avez-vous déjà dessiné un profil de l’équipe que vous souhaiteriez mettre sur pied pour la saison prochaine ?

« On se doit de se renforcer en attaque. On a pu voir qu’on n’avait pas suffisamment d’impact pour marquer des buts dans les moments-clé, ce qui n’était pas le cas les années précédentes. Cela veut dire qu’il faut aller chercher des joueurs capables de porter cette attaque. Ce sont souvent des étrangers qui peuvent apporter cet impact. On veut aussi apporter un peu de robustesse, notamment en défense. Et on regardera dans ce cadre qui s’inscrit dans le projet pour jouer à Bordeaux, porter ce club vers le haut et gagner des titres ».

Hors du poste et de la qualité, existe-t-il un type de joueur qui serait le plus adapté aux Boxers de Bordeaux ?

« Si il y a des joueurs qui ne veulent pas travailler ou qui veulent tricher, il ne faut pas qu’ils viennent chez nous. On veut des gars qui se battent, qui ne lâchent rien, ce que l’équipe a fait en playoffs, mais il faut que ça s’applique au quotidien. Je pense que si on perd 10 fois à la maison, c’est qu’il y a des petites choses qui ont manqué même si je suis plutôt satisfait de la globalité de la saison par rapport à notre budget ».

Hors effectif, quelles sont les nouveautés auxquelles il faut s’attendre la saison prochaine ?

« Nos bureaux, la billetterie et la boutique vont être au rez-de-chaussée de la patinoire et vont donner côté rue face à l’arrêt de tram. C’est acté. On va aussi poursuivre nos efforts sur la proximité que nous pouvons avoir avec nos supporters, notamment avec l’application, et développer l’animation et le show. Sur un autre plan, nous allons travailler, dans le cadre de la professionnalisation sportive, sur la préparation physique avec un meilleur suivi des joueurs pendant l’intersaison. ».

La politique tarifaire va-t-elle évoluer ?

« Aujourd’hui, on sait qu’on veut mieux travailler avec les étudiants, et être plus proche d’eux, notamment grâce à notre convention de partenariat avec l’université de Bordeaux mais on n’a pas encore défini notre politique tarifaire d’abonnements, notre classification de catégories. On veut continuer dans la politique famille. Il faut savoir que les prix pour les enfants ne sont pas pratiqués dans toutes les patinoires. Et je rappelle que les places en playoffs étaient à 10 euros pour les abonnés. Je ne suis pas sûr que beaucoup de clubs l’ont fait. Mais je n’oublie pas qu’il y a eu deux matchs contre Lyon en moins ».

Où en êtes-vous dans les domaines du sponsoring et du partenariat ?

« Aujourd’hui, il n’est pas prévue d’évolution au niveau des salons. Dans le club entreprises, les partenaires sont plutôt globalement satisfaits selon les retours que nous avons. Sur cette partie partenariat, on était en phase avec ce qu’on avait projeté. Evidemment on souhaite aller plus loin pour que le club entreprises vive mieux, mais cela on va le faire en saison plus basse, qu’il y ait des rencontres entre eux pour développer encore plus le business. On le voit avec les clubs qui sont au-dessus de nous comme Amiens et Angers, et dans une plus grande mesure Rouen et Grenoble, c’est l’axe majeur de développement ».

Quel est le budget du club ? Peut-il évoluer ?

« Aujourd’hui on a 2 millions à 2,1 millions d’euros de budget. Angers et Amiens c’est 2,4 et 2,5 millions ! La différence se fait un peu sur le taux de remplissage mais c’est surtout sur la partie partenariat. Cette année, notre projet était de récupérer le déficit qu’il y avait lors de l’avant-dernière saison et de se recalibrer dans un modèle économique qui soit stable et pérenne. Je n’ai pas encore les résultats, donc je ne peux pas dire que c’est acté mais on a mis tout en œuvre pour atteindre l’ensemble des critères nécessaires à la bonne marche de l’entreprise ».

En terme d’animation, de show, de nouveaux projets ont-ils déjà vus le jour ?

« On a apporté des évolutions cette année. On a eu plus d’animations autour des matchs, des thématiques qui ont bien marché. On compte bien poursuivre dans cette voie. On projette aussi une meilleure exploitation de l’écran 4 faces ».

Cette année vous vous êtes aussi positionné dans le esport avec la création du Boxers Esport Day…

« Chez les Boxers on parle des étudiants, des jeunes, ça fait partie de notre ADN. Et on va mettre en place tout au long de l’année des rencontres esport et on fera à nouveau un Boxers Esport Day en 2021. Ca permet effectivement d’élargir notre champ d’action, de toucher des entreprises et un public auxquels on n’avait pas pensé. Ça montre aussi notre ouverture d’esprit, le dynamisme qu’on peut avoir. C’est important ».

Que faut-il, que souhaitez-vous pour que les Boxers de Bordeaux franchissent un palier ?

« Pour franchir un palier de plus, il faut de l’argent. Il faudrait 200.000 euros de plus pour vraiment mettre en place de manière pérenne et stable ce que l’on veut. C’est beaucoup d’argent mais c’est aussi 10% du budget. On n’est pas très loin non plus. A nous de faire ce qu’il faut pour y aller ».

Le travail fait avec la section amateur dans le Pôle élite commence-t-il à se voir, et même si c’est long à mettre en place, est-ce qu’on peut imaginer qu’un jour les Boxers de Bordeaux auront un centre de formation aussi productif que ceux de Grenoble ou de Rouen par exemple ?

« Le travail avance. Il y a déjà des résultats assez significatifs. On travaille très bien avec l’association, ça fonctionne bien. Les U20 sont champions de leur poule, les U17 aussi, ils ont intégré les playoffs. Cela veut dire que les deux vont évoluer dans une catégorie supérieure. Ça montre le savoir-faire et que nous avons là un bon vivier de jeunes qui progressent. On a ainsi deux U20 qui sont partis en stage avec l’équipe de France cette année. Cela faisait un bon moment que ça n’était pas arrivé à Bordeaux. Mais ce sera long. Il faut y aller étape par étape ».

Recueilli par Claude Canellas