Stéphan Tartari : « Le travail finira par payer ! »

A quelques heures du match de préparation face à Anglet mercredi soir à Mériadeck, le manager général des Boxers de Bordeaux, Stéphan Tartari, ne cache pas que la saison qui s’annonce ne sera pas facile mais le travail entrepris par les jeunes joueurs encadrés par des joueurs expérimentés sous la houlette d’Olivier Dimet et de son adjoint Julien Desrosiers finira par payer.

La saison très perturbée par le Covid-19 est maintenant derrière nous. Vous êtes en pleine préparation de la nouvelle saison de Ligue Magnus qui débute mardi prochain chez les champions de France en titre, les Dragons de Rouen. Comment l’abordez-vous ?

« Il faut tout replacer dans son contexte pour répondre à cette question. Il y a de cela quelques années, le club avait connu un déficit important et depuis, avec l’aide de tous, de gros efforts avaient été faits et l’an dernier on commençait à reprendre des couleurs sportivement avec un gros recrutement, avec des ambitions plus élevées, évidemment pas autant que quelques années plus tôt, mais il y a eu le Covid-19, avec une demi-saison, sachant qu’on a gagné 8 matchs sur 12 en fin de saison régulière. On était donc sur un rythme de haut de tableau. C’est ce qu’on avait envie de construire en adéquation avec notre masse salariale. Malheureusement, le Covid-19 nous a fait mal. On a reçu des aides de l’Etat mais ça n’a pas été suffisant pour nous. Pour ces raisons, on a été obligés de diminuer notre masse salariale. »

Une diminution de quel ordre par rapport à l’année dernière ?

« De l’ordre de 15 à 20% en moins. Nos supporters étaient habitués à un recrutement très alléchant et très prometteur, et avec des objectifs visant la partie haute du classement. Au contraire, pour des clubs moins en vue ces dernières années, la saison du Covid-19 s’est plutôt bien passée et ils ont pu faire cet été de gros recrutements. Je dis les choses. Il y a sur le papier des clubs qui ont de très belles équipes. On connaît les prix du marché, on connaît les agents, on connaît la valeur des joueurs recrutés. On sait très bien que notre masse salariale se situe aujourd’hui sur le papier entre la 9ème et la 12ème place. Et je ne parle pas de budget. »

Pourquoi cette nuance entre budget et masse salariale ?

« Tous les clubs n’ont pas les mêmes frais. Nous, on a des coûts d’organisation des matchs supérieurs. On a des locations de logements à Bordeaux plus chers -qui font partie de la rémunération des joueurs- et les frais de déplacements sont plus onéreux pour des raisons géographiques. Donc pour faire vivre les Boxers de Bordeaux au quotidien, à masse salariale égale, il faut un budget plus élevé que dans d’autres clubs. Et notre curseur d’ajustement, c’est la masse salariale. »

Ce qui implique donc d’être plus modeste que les dernières saisons…

« Pour nous aujourd’hui, ce qui est le plus important, c’est la santé financière du club. Il faut faire le dos rond, et on sait très bien qu’à force de travail, en faisant revenir le public, en continuant à attirer de nouveaux partenaires, le budget va augmenter et on pourra retrouver au plus vite une masse salariale plus élevée, et automatiquement un effectif ayant plus de profondeur de banc au-delà même de la qualité. Le challenge est clair. Olivier Dimet a accepté de prolonger dans ce projet avec une masse salariale plus basse, une équipe plus jeune, mais avec des joueurs d’expérience et de qualité français comme étrangers, et Julien Desrosiers, son adjoint, et responsable des U20 aussi. Donc, merci à eux. »

Les jeunes vont avoir un rôle plus important que par le passé, et Julien Desrosiers peut donc faire le lien entre les pros et les U20…

« Exactement. Depuis trois ans, il y a un travail concret en ce sens et ça attire de jeunes joueurs chez nous. Ça montre qu’il y a un gros travail sur la formation. C’est un travail fait entre le club professionnel et le club amateurs. On se partage les missions et ça se passe très bien. Ça coûte de l’énergie et de l’argent. Personnellement, je vais avoir une autre casquette en épaulant Marc-Antoine Beaulieu, entraîneur général des Boxers de Bordeaux amateur, pour qu’il ait plus de temps pour la formation des entraîneurs. Cette année, on passe vraiment un cap avec l’association sur la formation, avec pour but que les jeunes alimentent un peu plus l’équipe professionnelle. On a une identité bordelaise plus marquée avec 5 joueurs de l’effectif qui sont des locaux. On est deux entités, mais on est le même club. On a tous les Boxers dans le cœur. »

Peut-on parler d’objectif ?

« Cette saison, l’ambition sera la qualification pour les playoffs car cela signifie que la place en Ligue Magnus est sauvée. On est 6 ou 7 équipes à se battre pour être dans ce Top 8, en dehors du Top 4 Rouen, Grenoble, Angers, Amiens… Chaque match sera important. On a affronté en préparation Grenoble et Angers, on a bien vu qu’ils sont plus complets, plus forts, plus puissants que nous, et ils ont de l’argent derrière. Ce qui ne veut pas dire que sur un match on ne sera pas capable de les battre. »

Et pour y parvenir, l’apport du public sera déterminant…

« On a besoin de nos supporters, on besoin de nos partenaires, on a besoin que le public nous soutienne. Ça ne fera pas tout mais ça va nous aider. Nous on va travailler fort. On est très contents du travail effectué depuis un mois par tout le monde, staff et joueurs. Ils ont compris le message et le projet. Alors, certes, on a perdu tous nos matchs en préparation jusqu’à présent, ce n’est pas drôle, mais il n’y a aucun point en jeu. On prend des buts, on n’en marque pas beaucoup, mais c’est la préparation. On voit de belles choses, on voit des choses moins bien et on travaille pour les rectifier. On sait qu’en effectif, on est court mais qu’on a des U20 qui peuvent intégrer le groupe. La blessure d’Austin Fyten contre Grenoble lors du tournoi de Vaujany nous fait très mal. Mais ce sont des choses qui arrivent. C’est un de nos top-joueurs, un centre d’expérience avec un gros CV qu’on a fait venir et on ne sait toujours pas la durée de son indisponibilité. On pourrait en savoir un peu plus en fin de semaine mais on sait que ce n’est pas une petite blessure. Ça fait deux semaines, et il risque de nous manquer terriblement plusieurs semaines encore. On ne peut pas faire de miracle, mais on regarde les possibilités de prendre un joueur pour nous aider. »

Pour l’instant les supporters se posent des questions. Les résultats, on vient de le dire, ne sont pas fameux avec 4 défaites en 4 matchs…

« C’est normal que les spectateurs se posent des questions, se disent qu’on ne marque pas beaucoup, qu’on encaisse pas mal de buts, qu’on ne gagne pas. C’est donc inquiétant. Franchement, pour l’instant, il n’y aucune inquiétude. C’est de la préparation. On a bien travaillé. Mais ça montre aussi que cette saison il va falloir se battre à tous les matchs, et que ce qu’on dit n’est pas en l’air. Il n’y a plus de petite équipe pour nous. Le vrai, il est là. La vérité au début de la saison ne sera pas la même. Il est vrai qu’on commence à Rouen, chez le champion de France, mais ce n’est pas grave. On va y aller pour gagner, on ne va pas y aller en victime. On verra. Mais le travail finira par payer ».

Interview recueillie par Claude Canellas.