Mathieu André, la patinoire est sa maison

Dans une vie d’homme, il est des chemins de vie que l’on choisit, mais pour certains la route est déjà toute tracée. Mathieu André est de ceux-là. À peine né, il était déjà programmé pour le hockey sur glace. Il faut dire que quand on est le fils de Martial André, ancien international tricolore et joueur de Briançon qui croisa dans sa carrière un certain Philippe Bozon, le coach des Boxers de Bordeaux, qu’on est le petit-fils d’un hockeyeur, on a des chances d’être aspiré par le sport roi du Canada. Mathieu André a même été plus loin. « J’ai appris à marcher dans la patinoire. J’y ai réellement fait mes premiers pas », souligne le n°24 des Boxers.

Alors comment pouvait-il s’échapper devant le hockey sur glace ? « Cela dit, à Briançon, quand on ne fait pas de ski, on fait du hockey sur glace », souligne l’attaquant pour enfoncer le clou. « Quand j’étais petit je rêvais aux grands joueurs de hockey. J’avais des posters dans ma chambre. Et j’ai eu la chance que les championnats du monde des -18 ans et des -20, aient eu lieu durant quatre ans à Briançon. J’allais aux entraînements, j’allais voir tous les matchs. J’ai eu la chance de côtoyer des joueurs qui sont maintenant en NHL. En plus, pendant ces championnats qui duraient une semaine, les membres de ma famille dont ma maman étaient bénévoles. J’étais donc au cœur de tout ça et j’étais tout le temps à la patinoire », avoue-t-il.

Mathieu André a l’âme sportive au point que dès qu’il allume la télévision c’est nécessairement pour regarder une retransmission sportive. « Ma conjointe me dit tout le temps « tu n’en as pas marre avec ton sport ». J’adore regarder le sport à la télé. Roland-Garros, le Tour de France… », reconnaît l’ancien Angloy. Il a aussi touché à d’autres activités comme le handball, le rugby parce que ce sont des « sports de contact ». « Mais ce que je détestais le plus c’est l’athlétisme. Il ne faut pas se le cacher, les hockeyeurs détestent l’athlétisme », dit-il. Et si vous lui faites remarquer qu’il faut faire aussi du hors glace il avoue en riant que c’est nécessaire mais qu’ « on essaye de le faire sur le vélo. » Cela dit, il a surtout pratiqué le ski en parallèle avec le hockey sur glace jusqu’à l’âge de 11 ans avant que sa maman lui demande de faire un choix.  « Ça devenait compliqué parce que j’allais au club de ski le mercredi après-midi et j’avais entraînement avec le hockey le soir », se souvient-il.

Vivant avec sa maman après la séparation d’avec son père alors qu’il avait deux ans, il a gagné dans l’affaire une sœur du côté maternel et un frère et une sœur du côté paternel. Entre une maman qui tenait un magasin de chasse et de pêche et un père serrurier, Mathieu André a poursuivi ses études jusqu’au Bac S avant de se consacrer au hockey. Il a aussi passé un diplôme d’État pour être entraîneur. Il a acquis le tronc commun et il lui reste à faire la spécialisation hockey. « J’ai aussi travaillé. À Anglet, pendant trois saisons, j’ai travaillé à Castorama dans la logistique. Ça ne me dérange pas de travailler. Mais ici à Bordeaux je suis professionnel. De toute façon, on n’a pas le choix avec la répétition des matchs », reconnaît-il.

Formé chez les Diables Rouges de Briançon il a pris ensuite la direction de Gap à 13 ans pour commencer un sport-études. « A Gap, raconte-t-il, j’ai intégré l’équipe première à 18 ans et j’y suis resté six ans. J’ai commencé en D1, l’année de la montée. Mais je me suis blessé au genou (ligaments croisés) la dernière année et je suis resté sur le flanc durant 6 mois. J’ai pu rejouer en fin de saison et participer au dernier match des playoffs. Ensuite il y a eu un changement d’entraîneur. Luciano Basile qui arrivait n’a pas voulu me conserver. Alors j’ai fait le choix de repartir en D1 à Anglet pour reprendre du temps de jeu et de la confiance. À l’Hormadi on m’a remis en selle en me faisant beaucoup jouer, et je pense que j’ai retrouvé le niveau que j’avais à Gap avant de me blesser. Je pense même que je suis plus mature dans mon jeu. Et ça m’a amené ici à Bordeaux », résume le joueur des Boxers.

Quand les Boxers de Bordeaux se sont mis sur les rangs, Mathieu André n’a pas hésité un seul instant. « Il y a eu l’opportunité de venir à Bordeaux et je l’ai saisie. Je savais que Bordeaux allait jouer le haut du classement. C’est vrai que c’est un gros challenge pour moi. Et je ne suis pas déçu. Une belle patinoire, des supporters, une belle ambiance et on a une très bonne équipe et c’est à nous de faire le boulot les soirs de match », dit-il aujourd’hui. Un choix également motivé par des raisons extra-sportives. « Ma belle-famille habite ici et avec ma conjointe, on a adoré la côte ouest et on voulait rester dans la région parce qu’on a vraiment adoré. Et Bordeaux est une belle ville. En plus. Ma belle-mère habite à Arcachon. Dès qu’on peut on y va pour prendre le soleil, manger des huîtres. Ici je suis épanoui ! », lance Mathieu André qui a trouvé chaussure à son pied.

Satisfait du début de saison de son équipe même s’il reconnaît qu’elle a des hauts et des bas, il reconnait qu’après une période d’adaptation au mois de septembre il a pris le rythme au mois d’octobre. Au point d’avoir déjà inscrit 12 points en 18 matchs de Ligue Magnus (6 buts, 6 assistances). À 27 ans, Mathieu André pense à son avenir et ne cache pas qu’il se verrait bien poser ses valises sur la durée à Bordeaux. « Tout dépendra de ce que veut faire le club. On verra », dit-il en forme de conclusion.

C.C.