Julien Desrosiers : « Pas facile de franchir le cap ! »

Julien Desrosiers, après une longue carrière marquée par un très beau palmarès et une dizaine années d’Équipe de France, a raccroché les patins en fin de saison dernière pour accepter la proposition des Boxers de Bordeaux qui en ont fait le coach de la toute nouvelle équipe U20 Élite et le responsable du Pôle Elite (U17/U20/D3). Il fait le point pour nous sur ses U20 qui sont l’avenir du club, ses premiers mois d’entraîneur, sa reconversion, sa nouvelle vie, …

Peux-tu faire un point de ce début de saison de l’équipe des U20 Élite créée cette saison et dont les Boxers de Bordeaux t’ont confié la responsabilité pour débuter ta carrière d’entraîneur ?

« Après un début de saison difficile, depuis quelques matchs ça se passe beaucoup mieux parce que j’ai repris les bases dans leur façon de jouer. J’ai fait une petite erreur au début en prenant pour acquis qu’ils avaient des bases de jeu, quelques connaissances dans les systèmes de jeu. Hors je me suis rendu compte rapidement que ce n’était pas le cas. Depuis 3 matchs, on a travaillé sur des nouveaux systèmes et ça se passe très bien. Les bons résultats sont de retour, et on vient d’aligner 3 victoires d’affilée. Depuis le début de la saison on a disputé 9 matchs dont 5 défaites contre 4 victoires dont 3 lors des 3 derniers matchs »

T’es-tu fixé un objectif pour cette saison ?

« On n’a pas fixé d’objectif en début de saison parce qu’on ne savait pas dans quoi on s’embarquait. C’est plus une année d’observation et après on pourra réajuster les choses qui ont moins bien fonctionné cette année. On a une équipe jeune en U20 Élite. Pour les joueurs et pour moi c’est une adaptation à faire parce qu’il y a une sacrée différence entre l’Excellence et l’Élite. On essaye de progresser en tant qu’équipe, et on fera les comptes à la fin de saison »

Comment travailles-tu en lien avec les autres entraîneurs, tant côté professionnel que côté amateurs ?

« Il y a quelques joueurs qui sont intégrés avec les pros. Je suis amené à communiquer avec Philippe Bozon concernant les joueurs les plus méritants, ceux qui devraient aller s’entraîner avec les pros. On parle régulièrement, on se tient au courant de l’état de forme de tout le monde. Et puis bien sûr que Marc-Antoine Beaulieu (manager général du club amateur) est toujours derrière à surveiller. Il m’aide pas mal, il a plus d’expérience que moi dans le coaching. Je peux m’appuyer aussi sur Stéphan Tartari qui n’est jamais très loin »

Est-ce que le fait que certains de tes joueurs évoluent et s’entraînent avec les pros est positif pour l’ensemble du groupe ?

« Évidemment que c’est positif pour les joueurs eux-mêmes, pour leur progression. On est là pour former les joueurs et c’est bon pour eux de jouer à un plus haut niveau. Ils prennent de l’expérience et prennent du volume de jeu et ça tire vers le haut ceux qui n’ont pas la chance d’aller avec les pros. Mais moi en tant qu’entraîneur je tiens aussi à avoir toute mon équipe, tous mes joueurs à chaque match, à chaque entraînement »

Était-ce compliqué de créer une équipe U20 Élite ?

« Oui, difficile parce qu’on a attendu de savoir si on était acceptés en Élite. On a quand même commencé à travailler et à chercher des joueurs parce qu’on avait de bonnes chances de participer au championnat. Mais sinon on a eu pas mal de candidatures, et on a eu quelques surprises, quelques joueurs qu’on n’attendait pas qui sont venus à Bordeaux pour faire des études. Pour le recrutement ça s’est plutôt bien goupillé »

Penses-tu que ton expérience et ta notoriété ont facilité ce recrutement et que les joueurs sont plus à l’écoute ?

« Je pense que oui. J’espère en tout cas que les jeunes sont contents. J’ai plein de choses à leur apprendre. Peut-être que pour certains ça les a poussé à venir. Je pense aussi que les joueurs sont peut-être plus à l’écoute parce qu’ils attendent plus de moi. Et de toute façon c’est à leur avantage d’écouter les consignes puisque je suis en lien direct avec Philippe Bozon et qu’on fait le point souvent »

Comment apprécies-tu ton début dans la carrière d’entraîneur ?

« C’est sûr que quand on gagne c’est plus facile et plus plaisant. Au début de la saison, quand on enchaînait les défaites, je commençais à m’interroger, à me remettre en question. Je pense qu’il y a eu un gros déclic à un moment donné. On a fait une grosse séance vidéo où je leur ai montré leur façon de jouer qui était complètement contradictoire par rapport à ce que je leur demandais. Et ça va nettement mieux »

Est-ce facile de franchir le pas, de quitter la glace en tant que joueur pour rejoindre le banc des entraîneurs ?

« Non, ça n’a pas été facile parce que je ne m’y attendais pas. Je n’étais pas préparé à arrêter ma carrière comme ça, mais avec l’opportunité que le club m’a proposée, j’ai sauté sur l’occasion parce que ce n’est pas souvent que les joueurs ont la chance d’avoir une reconversion dans le hockey après leur carrière à ce niveau-là. Je savais que les plus belles années étaient derrière moi, malgré même si je pensais pouvoir apporter encore quelque chose à l’équipe, mais rien n’arrive par hasard dans la vie, et si j’ai eu cette occasion-là, c’est que ça devait être comme ça. Et si je n’avais pas accepté, quelqu’un d’autre aurait pris la place et l’année suivante je n’aurais pas eu de poste »

Prendre les U20, est-ce le bon niveau pour démarrer pour toi ?

« Oui, c’est sûr que je prends de l’expérience. C’est très bien. C’est une très bonne catégorie. Et puis je suis responsable du Pôle Elite. J’ai donc aussi la D3 que j’entraîne et que je coache et les U17 que j’entraîne seulement en raison des dates de matchs. Mais je peux être présent s’il n’y a pas de match de la D3. Je peux varier et prendre de l’expérience dans chacune de ces catégories-là »

Une reconversion aux Boxers de Bordeaux faisait aussi partie de tes plans…

« Quand je me suis engagé ici avec les Boxers, on en avait déjà parlé au départ. Ça suit son cours et ils ont respecté l’engagement qui avait été pris et je les en remercie »

As-tu définitivement tourné la page ?

« Je m’y suis fait. J’ai passé le cap. Le hockey fait partie de moi depuis tant d’années. Ça n’a pas été facile au début mais maintenant j’ai pris pleinement possession de mon nouveau poste« 

Recueilli par C.C.